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J’ECRIS de Guyane.

19 mai 2016

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Je voulais vous écrire d’ici. J’ai l’impression que je vais repartir demain. Je crois que c’est ce qu’on appelle « ne pas réaliser ». J’ai passé une journée à relire mes anciens textes, mes vieux mots, je sais bien que ça n’est pas la meilleure des occupations quand on est dans un nouveau lieu d’habitation ou la nature nous crie d’aller à sa rencontre. Mais avant mon départ, j’avais aussi la trouille de tout ce que j’ai pu faire et écrire, je crois que je n’aimais plus. Enfin, qu’on a fait en sorte que je n’aime plus, que je ne crois plus en mon écriture. C’est bête hein ? J’imagine que dans la vie on a le droit (quand rien, plus rien ne va) de ne plus croire en soi, mais de ne plus croire en ce que l’on fait. C’est pire non ? J’ai bien songé à des solutions, à un cours de yoga, à une séance chez un psy, finalement je suis allée m’enfermer un week-end entier dans un monastère. Rien n’y a fait et ce blocage d’écriture restait coincé là, entre mon intestin et mes amygdales. J’ai eu beau rechercher dans mes mails, relire des gentillesses sur ce style que j’ai adopté au fil des années. J’avais croisé ce genre de personne, capable de blesser, non pas ce que tu es mais ce que tu fais. C’est encore pire hein ? Vous n’avez pas de réponse, c’est ça ? Je comprends, Bernard-Marie, le moine de mon week-end n’a pas su m’aider non plus. Je ne vous en veux pas.
J’ai rencontré ce genre de patron pour lequel j’ai beaucoup d’admiration. Au point d’admirer qu’on soit capable de blesser l’intérieur de mes organes, sans avoir aucun diplôme en chirurgie.
Alors après avoir fait le tour de la question, et vérifié que mes entrailles étaient toujours bien en place, j’ai contacté un ancien employeur qui ne m’a jamais embauché faute de circonstance. Je lui ai dit « Salut, ça va ? Tu m’as oublié ? bisous ! » ou quelque chose d’un peu mieux formulé. Il m’a répondu, en un peu mieux formulé  « J’ai cru comprendre que tu avais rencontré quelqu’un (il parlait de mon ancien patron pas chirurgien, évidemment), j’ai souvent pensé à toi, j’aime bien ce que tu fais, j’en ai besoin ». J’avais envie de lui dire qu’il y a des gens qui savent cuisiner des bons plats, bricoler dans le jardin, apprendre aux enfants à devenir propre mais que moi, à part écrire, dans la vie, je ne sais pas faire grand chose.
Finalement je ne lui ai rien dit, je me suis uniquement dit, dans mon cerveau en service réanimation, que le travail, quelqu’il soit, c’est comme l’amour. Une nouvelle histoire panse les déceptions. Et qu’à la manière d’un nouvel amant pas très stable, il vient de faire (re)battre mes doigts sur le clavier en oubliant le monde qui bouge autour de moi.

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Mais si tu sais, ma copine qui va se marier !

8 mai 2016

manueTout le monde a une copine qui va se marier. La première de toutes. C’est pas facile. Mais c’est quand même plus simple à retenir. « Tu te souviens du mariage de Géraldine ? Mais siii, c’était le 4ème de l’année 2016 ! » Ce week end, j’ai dit ça à Tata Jeanine, que la première de mes copines allait se marier. En Septembre même, tata ! Elle m’a dit t’en fait pas j’ai déjà prié pour qu’il fasse beau en Septembre. Si j’avais su que le catéchisme permettait de commander des choses chouettes,  j’aurais écouté un peu plus dans mon collège catho. J’aurai pu commander la dernière collection chaussure Printemps-Eté 2016 de chez Sézane…

A ma copine qui va se marier, je lui ai dit que je serai pas là en Septembre, pour chialer quand elle rentrera sur l’autel, ma copine qui va se marier. Mais que quand même, j’aimerai bien qu’elle me montre sa robe. Elle a dit non. J’ai bien compris parce que son futur époux était à la table. Du coup, j’ai essayé de deviner. « Dis ta créatrice ça commence par un L ? » Elle a répondu non c’est pas Laura de Sagazan. Alors j’ai dit ça commence par un « O ? » Elle à dit non c’est pas Orlane Herbin, j’ai donc compris qu’elle s’était bien renseignée sur le sujet et qu’elle avait tapé au moins 18000 fois « robe de mariée » dans le moteur de recherche de Pinterest. Après j’ai posé des questions un peu cons sur sa bague, son futur nom, sa pièce montée et tout ces trucs qui changeront de déterminants possessifs dans quelques mois…

J’avais bien envie de lui dire que ce sera le plus beau jour de sa vie, mais en réalité j’espère que ça ne le sera pas. Que les plus beaux jours viendront après.
Que ce sera le début des plus beaux jours de ma copine qui va s’marier.

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Je vous ai pas dit ? Je repars…

11 avril 2016

Je me souvimoiens d’avoir aimé quand on me disait « j’rentre pas ce soir, je te ramène un croissant demain matin ». Ça voulait clairement dire que j’allais pouvoir passer la soirée toute seule à danser en p’tite culotte et que demain j’aurais un croissant tout chaud. C’était clairement ça, ne me contredisez pas. Jusqu’à ce que je croise les petits pains au chocolat et quelqu’un pour danser avec moi en p’tite culotte.

J’ai jamais aimé l’amour, ces papillons qui gigotent dans le fond du ventre, ces joues rouges en pleine nuit et tout ces trucs un peu bancal auxquels je n’ai jamais rien compris. Que j’ai toujours un peu refusé. Un peu transformé en douleur, en besoin de liberté, en envie de solitude apprivoisée. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé, ou j’ai mis les pieds ni la tête ni le coquillage entre les jambes. Mais j’ai envie de partager. Pas avec vous.

Un dîner aux chandelles, un oignon qui fait pleurer, une maison, un débat politique, un compte en banque, une carte de bus, un bouquin, un chagrin, un bain, une paire de chaussette ou juste une chaussette, un secret, une main, un album photo, un ex, une bouteille de gin, un film français, un coucher de soleil, une dispute, un hiver enneigé, une retrouvaille sur l’oreiller, un été caniculaire, un ennui,
une grippe, un lit.

Avec le mec qui danse avec moi, en p’tite culotte, on part vivre à l’autre bout du monde.

 

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Démissionner à l’arrivée du printemps ne fait pas très bon ménage (de printemps)

28 mars 2016

canadaJ’ai jamais aimé les périodes de transitions. Que ce soit pour les saisons ou les moments de la vie. Démissionner à l’arrivée du printemps ne fait pas un très bon ménage (de printemps) sur mon ciboulot. Je me demande comment c’est dans la vie des gens en instance de divorce, mais je crois que je ne préfère pas savoir. Il y a quelques années si on m’avait demandé comment et ou je voyais ma vie aujourd’hui, (je crois même avoir répondu à cette question)  :

J’aurais épousé un Canadien à l’accent que mon père ne comprendrait pas, on vivrait dans une grande maison en bois près d’une forêt à proximité de Quebec, le samedi matin il irait chercher des bûches pour le feu, pendant que je ferais une tarte à la crème, à son retour, les chiens de traîneaux se mettront à aboyer en voyant leur maître approcher de la cabane. On passerait la « fin de semaine » près de la cheminée à boire des grogs parce que je me serais encore enrhumée en sortant sans écharpe enveloppée dans une chemise de bûcheron. Dieu de l’amour merci, ça n’est jamais arrivé. Et ma période de transition d’aujourd’hui n’a rien d’un divorce.

 

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Prouve que tu existes.

14 mars 2016

Je crois que j’aimerai bien faire partie dresistee ces gens capables de tout gérer. Capable d’être gentil, d’être droit, honnête et sérieux. Je ne suis pas grand chose de tout ça. Les commerciaux ont cette fibre là. Moi, déjà dans la cour de récré j’ai trouvé le moyen d’échanger le petit petit poney-arc-en-ciel de ma sœur contre une bille. Une bille. Je vois encore la tronche de la nana qui me l’a tendu « je t’échange ma bille chinoise contre ton petit poney arc-en-ciel, regarde elle a même quelques paillettes à l’intérieur et elle gagne contre tout les galots »… Je crois que si c’était à refaire, je serais toujours du même côté. Parce que quand même, y’a des paillettes dans cette bille. On ne change pas avec les années. Peut être même qu’on vampirise nos petites faiblesses.

Tout à l’heure, j’ai vu des copines. Avant même de m’asseoir à leur table, elles m’ont dit « ça va ? » j’ai dit « oui » elle m’ont dit « tu vas pleurer » j’ai dit « je vais prendre un verre de vin blanc » le serveur qui faisait presque parti de la discussion à dit « un chardonnay ou un sauvignon » j’ai dit « je m’en fiche » elles lui ont dit « elle veut juste un verre de vin blanc à l’heure du café », alors il m’a ramené un verre de vin blanc dans les 30 secondes. Je lui ai dit « merci j’ai envie de pleurer ». Il a pas vraiment compris alors j’ai continué « ma patronne me fait des misères, mon mec est parti ranger des affaires chez son ex et j’ai toujours pas gagné la valise de RTL«  puis j’ai rajouté « je crois que ça a un rapport avec la petite fille qui m’a échangé une bille contre le poney arc-en-ciel de ma sœur ».

Comme j’étais pas de très bonne compagnie je suis rentrée, je me suis mise devant mon ordi en me disant que je pouvais au moins écrire un article. Ma connexion à bugué, ma patronne m’a envoyé un mail et j’ai reçu une photo du rangement de mon mec sur le tapis (un peu kitsch) de son ex. Vous l’entendez la nana qui chante du France Gall, un peu trop fort ? Vous pouvez rentrer chez elle. En échange, je vous donne un petit poney arc-en-ciel contre une bouteille de vin blanc.

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Mais en fait, c’est qui ce Monsieur Daesh ? (Partie 1)

10 février 2016

illu-dadadadesh-motherfuckerEvidemment j’aurais pu dire « cette Madame », c’est juste un effet de style vous me connaissez.

Ce soir, profitant de mon célibat géographique, je me suis mise à cuisiner ; faute de mieux. Un poulet coco si l’idée vous intéresse. Mais comme le poulet coco ça met du temps à mijoter, et que, comme je vous ai dit je profite de gni gnia gnia, j’ai chopé un livre. Un  livre que j’ai acheté sur le tas, il y a quelques semaines. Par curiosité à la base. Bien sûr je me rappelle avoir hésité à le prendre. Finalement je pense être plutôt ouverte d’esprit mais, acheter un bouquin ayant pour titre « Qui est Daesh ? » c’est un peu parler de la chose, la mettre en lumière, et peut-être même, lui donner de l’importance. Alors j’ai pris la décision de ne pas l’embarquer pendant mon heure de métro quotidienne (le code de la route étant plus adapté au métro et à mon avenir de jeune conductrice). J’ai gardé ce livre là pour chez moi. Un soir ou je trouverai du temps, ce qui n’est pas si compliqué puisque que comme je vous l’ai dit, je suis géographiquement célibataire (sisi, je le vis très bien, je vous assure) !

Plus sérieusement, je crois que je suis comme tout le monde. Je regarde C à Vous, le petit journal, je refuse TF1 mais j’ai de la peine pour Julien Lepers et Claire Chazal. Je ne me sens pas concernée par la politique.  En fait, je n’aime pas la politique. Un jour mon père m’a dit : « la politique c’est choisir entre la peste ou le choléra ». Au-delà du fait que mon père devrait être reconnu du monde entier, uniquement par le fait qu’il soit mon père… je crois que cette idée-là est restée en moi. Et que je me plais, à dire fièrement « Moi ? Je ne vote pas ! » j’ai l’impression d’être engagé en prononçant cette phrase. Et puisque je suis plutôt ouverte, vous avez raison je ne suis engagée dans rien du tout. Et je fuis mon devoir de citoyenne, rien de plus. Mais que voulez-vous, je crois que ma génération est comme ça. Elle est forte, elle est prête à aller dans la rue, elle est prête à crier, à se révolter, à en avoir marre de tout. Mais elle à la flemme d’aller voter pour quelqu’un qui ne lui ressemble en rien.  Et qu’elle préfère lutter contre Marine Le Pen sur Facebook . Je pense que ma génération devrait être Présidente de la République.

Avec un verre de trop dans le naseau, je suis la première à refaire le monde. A prôner mon ouverture d’esprit  en même temps que d’ouvrir une multinationale virtuelle. Sauf que ce soir, j’en ai eu assez des soirées à refaire le monde, sans vraiment savoir de quoi je parle. Samedi soir, une copine m’a dit « Mon livre de chevet en ce moment c’est le Coran ». Je lui ai répondu « Whaa c’est trop bien ». Et pendant la soirée qui a suivi, je me suis ennuyée. Je n’avais aucune envie de refaire un monde que je ne connaissais pas vraiment. A part au travers des mots de Yann Barthès et d’Anne-Sophie Lapix et même du Coran. Je ne sais pas ce qu’il en est du Coran, mais n’oubliez pas qu’on est en Etat d’Urgence. C’est notre Président qui l’a dit. Et que nos médias dépendent de l’état, comme en 1943. Il a aussi dit qu’on était en guerre. Moi, je n’ai pas vraiment l’impression d’être en guerre. D’ailleurs, ce matin  dans le métro, un garçon m’a souri, une fille m’a tendu mon gant que je venais de faire tomber, et une Mémé a laissé sa place au plus jeune du wagon. Vous voyez. Je ne suis pas capable d’écrire des choses sérieuses et intelligentes.

Allez salut, je vais regarder le clip de Beyoncé au Super Bowl, parait qu’elle à de supers trucs à revendiquer. Fatalement, je finirai en écoutant Céline Dion. (On entend les cris de New York et les bateaux sur la Seine) Je termine cette histoire demain. Promis.

avion, caraibe, caraibes, hiver, voyage

Les histoires d’A. ne finissent pas toujours mal.

6 février 2016

CHEMISEIl y a quelques jours, j’ai revu mon ancien. Mon ancien. Mon premier. Je sais pas trop si j’en avais envie, ni lui d’ailleurs. Ça s’est fait un peu par hasard et je pensais qu’il serait en retard. Finalement comme beaucoup de choses le concernant, je me suis plantée. Je l’ai aperçu à dix mille lieux : sa démarche, ses cheveux, ses grosses chaussures qui traînent par terre. Dans nos premiers mots de retrouvailles, j’ai failli lui dire « tiens, t’as un nouveau manteau ? » mais je trouvais ça pas vraiment approprié. Alors je lui ai dit « ça fait longtemps que t’attends ? » On était d’accord sur l’endroit où on irait boire un verre, c’était là ou je l’avais battu pour la dernière fois au jeu du personnage. Je lui avais fait deviner le mec qui était derrière lui, mais pas de bol, le mec était parti avant la fin du jeu. Du coup j’ai évité de lui demander pour qu’on fasse une nouvelle partie, ça non plus c’était pas approprié. Pendant plus d’une heure on s’est racontés nos histoires de ces deux dernières années. Nos détours du monde, le singe de sa taille qui a voulu le manger, l’iguane qui a voulu m’amputer d’un bras, le tueur en série qui a voulu le sacrifier dans une maison au milieu de l’Australie, ma nuit sur un bateau avec un ascenseur qui coûtait le PIB du Bangladesh, les Indiens d’Inde et les Guadeloupéens de Guadeloupe. Au passage, je lui ai dit « merci pour le verre ». On s’est fait voyager.

Il m’a parlé de son Italienne, alors j’ai imaginé que ses cheveux devait sentir le basilic frais et le tiramisu. Qu’elle devait savoir manger des spaghettis avec une cuillère et qu’elle avait forcément du mal à prononcer son futur nom d’épouse.

Je lui ai dit que j’allais partir. Que j’allais  suivre le mien à l’autre bout du monde. Et j’avais presque envie de l’inviter, pour faire voyager son Italienne. Mais je ne savais pas si c’était approprié. Alors, j’ai rien dit. A la place, on s’est dit « au revoir », le serveur à fait une blague pas drôle et on a retrouvé nos chemins.

Sur la route du retour, j’ai pensé qu’il s’était peut-être imaginé que mon actuel sentait le kérosène et le monoi des caraïbes. Que je voulais élever des enfants au soleil pour qu’ils aient un joli teint couleur miel et qu’ils connaissent par cœur le nom des fleurs et des oiseaux rares.

J’ai couru un peu pour arriver jusqu’à chez moi, j’ai attrapé une chemise sale de mon mec. Je l’ai respiré jusqu’à ce que mon naseau ne sente plus rien. Et je me suis dit, comme beaucoup de choses ce soir là.
Putain, on a vraiment fait le bon choix il y a 2 ans, pas vrai ?

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J’connais quelqu’un qui connait quelqu’un qui s’est fait séduire par une publicité

24 janvier 2016

Comme il fait gris et que le froid pique mes joues en ce dimanche de Janvier, je me suis dit qu’aujourd’hui, j’allais faire ma Elise Lucet du canapé. Bon chacun ses occupations dominicale, comme dirait l’autre ! Mais tu vas voir c’est assez passionnant pour se dire qu’il y a pire que les dimanche tout froid et tout gris. Tu connais les Data ? C’est, je crois une manière de récupérer des informations personnelles sur quelqu’un sans qu’il ne s’en rende réellement compte, mais qu’il accepte inconsciemment ça. On est d’accord, c’est chiant et compliqué, du coup je vais te raconter une histoire drôle et compréhensible.

On a tous sur Facebook, un(e) pote qui ne comprend pas très bien le système 2.0 du réseau social. En fonction de si c’est un garçon ou une fille, il a, en moyenne, une grosse quantité d’ami(e)s de sexe opposé, bien souvent joli(e)s mais qu’il ne connait n’y d’Adam ni d’Eve. C’est ici que mon enquête commence… (Vas-y José lance la bande son !) Armée de mes identifiants Facebook et ma conscience Lucetienne, je suis allée confronter tout ça dans le grand monde des internets. J’ai, sans aucun mal, trouvé le fameux pote qui ne comprend pas très bien le système 2.0 du réseau social et sans aucun mal non plus, une de ses copines plutôt jolies, qu’il n’avait pas l’air de bien connaitre. C’est vrai qu’elle est assez jolie, enfin, qu’elle rentre dans les critères de beauté. Par chance son profil était public, j’ai donc pu faire le tour des ses photos publiées chaque jour à heures régulières, suivies par plus de 4000 comptes masculins qui n’avaient pas l’air de bien la connaitre non plus. Ce qui est assez drôle c’est qu’ils ont tous plus ou moins, le même age. On appelle ça un cœur de cible. Ce qui est assez drôle aussi, c’est que tous les jours elle envoie des bisous virtuels, et qu’elle souhaite « bonne nuit » à tous ses amis de manière très… imagée. On appelle ça, créer du lien avec le cœur de cible. En creusant un peu plus, j’ai vu qu’elle était directrice de castings, qu’elle habitait dans une ville de France ou elle ne devait pas caster grand monde – mais ça c’est son problème, qu’elle avait besoin qu’on l’aide à développer son site de casting et qu’elle adorait porter son collier « prénom » sur ses photos publiées à heures précises. On appelle ça de la manipulation publicitaire affective. Comme j’étais encore curieuse, je suis allée sur son site de castings de rêve, et j’ai vu, sans aucun mal encore, de nombreuses offres de castings que vous trouverez sans trop chercher sur des chaines télévisées, bien connues. Pour s’inscrire sur son site de casting de rêve, elle insistait vraiment beaucoup pour dire que c’était gratuit (soyons d’accord ce serait un peu malsain de devoir payer pour participer aux anges de machins trucs) et simple : il suffisait de lui laisser votre photo, vos coordonnées et un CV. Autant le dire : votre vie entière ! A ce moment là, elle m’a un peu énervé et j’avais vraiment pas envie de lui faire des bisous. Alors dans un élan d’énervement, j’ai choppé son numéro de SIRET que j’ai collé sur Google. Ça a pris un peu plus de temps, mais bon c’est ça les enquêtes. Et là, le numéro d’entreprise de sa boite de castings de rêve correspondait véritablement à une boite de récupération de données personnelles sur le web. Qui l’eut cru hein ? Bon d’accord, tout le monde.

Tout ça pour vous dire, que c’est dimanche, que je vous fais des bisous sincères, que je vous souhaite une bonne semaine dans la vie réelle. Et que promis, ici, on ne vole rien à personne, même si on ne se connait pas beaucoup.

 

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Comment gérer son couple en 2016

8 janvier 2016

2Je crois que j’aurais bien aimé être psychologue, ou éditrice de presse féminine. Dans ces deux cas, j’aurais probablement su répondre à ce titre. J’espère ne pas vous décevoir, mais à la place, j’écris des histoires. Avouez que ça ressemble pas mal à ces deux métiers cités un peu plus haut. Bon.

Moi dans mon couple, on parle beaucoup des autres couples. Sans aucun doute, comme pour les bébés, les autres sont bien plus moches que le notre. Et on aime bien parler des autres, pour s’assurer que dans notre lit, il fait plus chaud qu’ailleurs. En 2016, comme en 1956 ou comme en 1915, j’imagine que gérer son couple se passe de la même façon. Ça ne se passe pas. Ça ne veut rien dire. C’est juste un titre. Pour 2016, je vous souhaite de vous aimer autant qu’en 1956 ou qu’en 1915. De vous aimer plus fort même. Et d’aimer autant que si c’était votre propre marmaille. Et de ne pas vous demander « comment », parce que n’oubliez pas l’histoire des bébés. Et faites en un, tiens.

Puis, allez dire aux psychologues et aux éditrices de presse, qu’en 2016 on s’en fiche de comment gérer son couple/son job/sa vie. Qu’on va s’aimer et que ce sera bien.