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C’est quoi toi, ton sparadrap ?

30 août 2016

bébéIl y  a quelques semaines, j’ai adopté un petit chat. Un minuscule, parce que je voulais qu’il me ressemble un peu. Du coup, il est sur mes genoux en ce moment même et je réalise qu’il est vraiment le petit compagnon qu’il me fallait, celui qui bouge sa tête de gauche à droite pour regarder mes mains sur le clavier. Maintenant, parce que je suis partie dans mes pensées quelques secondes, il me tête l’index, c’est une habitude un peu bizarre qu’il a prise. J’aimerai bien me dire qu’il me confond avec sa mère mais je crois qu’il est bien conscient que mes oreilles et les siennes trahissent un certain adultère. Ou justifient juste qu’on ne fasse pas parti de la même famille. Chaque endroit ou je suis passée, j’ai toujours et inconsciemment, eu besoin d’une béquille, d’une fille, d’un ami, d’un bout de tissu a renifler ; j’aurai probablement du me rendre à l’évidence sur l’idée d’un compagnon bien réel qui aimerait être avec moi juste par le fait que j’ai pu prendre soin de lui au début de sa toute petite vie.

Sans trop de transition, ce midi, j’ai déjeuné avec une collègue, qui n’en est pas vraiment une, si ce n’est le fait qu’on se croise de temps à autre et que nos seuls mails échangés se résument à « on déj ? » « ok dans 10 min ». Ce midi, comme je ne savais pas trop quoi lui dire je lui ai demandé si elle avait un chien. Comme si je lui demandais si elle était plutôt thé ou café, vous voyez. C’est comme ça qu’elle est partie dans une histoire assez longue entre le plat et le dessert, m’expliquant qu’elle avait demandé sa mutation après la mort de son chien. C’est bête hein ? C’est ce que je me suis dit. Partir à 8000 km pour un chien. Mais elle, ce qu’elle disait c’est qu’elle avait quand même acheté une maison avec un grand jardin; pour son chien, vous comprenez. Alors j’ai dit « oh c’est triste », sans trop y croire. Et puis on a commandé « deux cafés s’il vous plait ». Et puis maintenant sa maison est en location.
Maintenant, là, vraiment maintenant, au sens dans la minute ou je pianote sur mon clavier,  j’ai un peu envie de faire pipi. En fait, j’ai vraiment envie de faire pipi. Et sans vous mentir. Je ne peux pas bouger. Je n’ose même pas bouger la jambe, alors qu’un moustique vient de s’y poser. Parce qu’après avoir comparé ses oreilles aux miennes, après avoir guetté mon clavier, après avoir aspiré mon doigt, ce petit truc minuscule que j’ai adopté il y a quelques semaines, vient de s’endormir sur mes genoux.

Et je crois que je viens de me réconcilier avec les gens qui ont besoin d’un sparadrap dans leur vie. D’un chien, d’un homme, d’un bébé, d’une jolie fille, d’un livre, d’une meilleure amie, d’un doudou, d’un bol de glace, d’un verre de rosé en finissant la journée, d’une dispute pour s’esquiver, d’une relation virtuelle, d’un cours de yoga, d’un truc a soi, ou tout à la fois. Je crois qu’on a tous besoin d’un petit bout de sparadrap.

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Carte postale de Cayenne

11 août 2016

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Ca y’est, ça fait trois mois que je suis en Guyane. Ca pourrait même faire deux jours que j’y suis, tellement ça passe vite. J’ai quand même eu le temps de :

  • Faire du vélo
  • Ecouter de la musique en faisant du vélo (le dites pas à mon père, il pense déjà que je porte un casque…)
  • Un casque de vélo pas un casque de musique
  • Me faire voler mon vélo
  • Apprendre à conduire une voiture
  • Acheter un nouveau vélo
  • Retourner voir la Guadeloupe
  • Trouver un travail cool
  • Y aller en vélo
  • Adopter un petit chatbébé
  • Lui apprendre à marcher
  • Pas encore à faire du vélo
  • Faire beaucoup de dessins
  • Manger des nouilles sautés chez les Mhongs
  • Lire 4 livres
  • Dont un vraiment chouette
  • Perdre mes chaussures
  • Boire du rhum
  • Regarder les arbres et les oiseaux

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  • Aller voir Ariane décoller
  • Regarder les jolies filles et les jolies cultures qui se mélangent
  • Chercher l’inspiration dans les maillots de bain
  • Ne plus se souvenir des sensations de froid
  • Acheter des fleurs au marché
  • Vivre à l’heure des tropiques…

 

 

 

 

 

 

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Des pâtes et des croquettes débarque dans vos boites mails !

16 juin 2016

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Peut-être qu’on a déjà papoté ensemble, peut-être qu’on a déjà dansé sur du Beyoncé et que je vous ai déjà demandé « Who run the world ? », peut-être qu’on à déjà partagé un café en terrasse, peut-être qu’on a déjà bossé ensemble ou peut-être que vous ne connaissez Des Pâtes & Des Croquettes qu’à travers un écran.
A l’heure où les réseaux sociaux et les publicités fleurissent sur les Internets à la vitesse d’Ariane 5 dans le ciel, il devient difficile de rester dans la vague, d’être visible et d’être lu. Bien sur, j’aimerais mieux vous envoyer à chacun une lettre postale dès qu’un article est publié, mais ils me faudrait rentrer un peu plus dans votre intimité et surtout un gros carnet d’adresse pour y noter vos adresses ! Vivant en Guyane où l’humidité de la jungle risque d’effacer au fil des jours l’encre sur le papier, j’ai opté pour une solution plus efficace… La newsletter ! Dès qu’un article sera publié vous aurez désormais la possibilité de le recevoir dans votre boite mail. Chouette, non ? Il suffit d’inscrire votre adresse mail dans la barre N E W S L E T T ER, à droite sur le site.

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Enfile tes sandalettes, on s’en va !

10 juin 2016

plageJ’ai toujours eu un lien très étroit avec le soleil. J’ai jamais vraiment compris pourquoi, j’ai bien essayé de chercher. Je suis une fille de Septembre, je suis née avec la nostalgie de la fin de l’été et les nouvelles couleurs de l’automne. Tout mes plus grands bonheurs se sont passés sous un soleil plus ou moins brulant. Le premier amour et sa puissance, allongés dans les champs de blé. Les résultats du bac et les premières larmes de ma mère. Les premières que moi j’ai eu droit de voir. Quelques jours à Rome, tout les deux sans personne. Une bagarre amoureuse dans un canoë. Le demi tour dans un aéroport trop climatisé. Les sessions du jeu du personnage. Surtout quand je gagne. Une cabane dans les arbres, à ne pas dormir beaucoup. Une bouteille de rouge sur les quais de Seine. La signature d’une démission. Un billet d’avion sans retour.

Tout ça, d’aussi loin que je me souvienne, à eu lieu au Zenith. Avec des claquettes au bout des pieds.

La prochaine fois que mon mec me dit d’acheter des tongs, parce que c’est quand même plus pratique quand on vit sous le soleil, je lui dirais « tu sais ce que ça fait toi d’enfiler des sandalettes en profitant du bonheur ? »

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J’ECRIS de Guyane.

19 mai 2016

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Je voulais vous écrire d’ici. J’ai l’impression que je vais repartir demain. Je crois que c’est ce qu’on appelle « ne pas réaliser ». J’ai passé une journée à relire mes anciens textes, mes vieux mots, je sais bien que ça n’est pas la meilleure des occupations quand on est dans un nouveau lieu d’habitation ou la nature nous crie d’aller à sa rencontre. Mais avant mon départ, j’avais aussi la trouille de tout ce que j’ai pu faire et écrire, je crois que je n’aimais plus. Enfin, qu’on a fait en sorte que je n’aime plus, que je ne crois plus en mon écriture. C’est bête hein ? J’imagine que dans la vie on a le droit (quand rien, plus rien ne va) de ne plus croire en soi, mais de ne plus croire en ce que l’on fait. C’est pire non ? J’ai bien songé à des solutions, à un cours de yoga, à une séance chez un psy, finalement je suis allée m’enfermer un week-end entier dans un monastère. Rien n’y a fait et ce blocage d’écriture restait coincé là, entre mon intestin et mes amygdales. J’ai eu beau rechercher dans mes mails, relire des gentillesses sur ce style que j’ai adopté au fil des années. J’avais croisé ce genre de personne, capable de blesser, non pas ce que tu es mais ce que tu fais. C’est encore pire hein ? Vous n’avez pas de réponse, c’est ça ? Je comprends, Bernard-Marie, le moine de mon week-end n’a pas su m’aider non plus. Je ne vous en veux pas.
J’ai rencontré ce genre de patron pour lequel j’ai beaucoup d’admiration. Au point d’admirer qu’on soit capable de blesser l’intérieur de mes organes, sans avoir aucun diplôme en chirurgie.
Alors après avoir fait le tour de la question, et vérifié que mes entrailles étaient toujours bien en place, j’ai contacté un ancien employeur qui ne m’a jamais embauché faute de circonstance. Je lui ai dit « Salut, ça va ? Tu m’as oublié ? bisous ! » ou quelque chose d’un peu mieux formulé. Il m’a répondu, en un peu mieux formulé  « J’ai cru comprendre que tu avais rencontré quelqu’un (il parlait de mon ancien patron pas chirurgien, évidemment), j’ai souvent pensé à toi, j’aime bien ce que tu fais, j’en ai besoin ». J’avais envie de lui dire qu’il y a des gens qui savent cuisiner des bons plats, bricoler dans le jardin, apprendre aux enfants à devenir propre mais que moi, à part écrire, dans la vie, je ne sais pas faire grand chose.
Finalement je ne lui ai rien dit, je me suis uniquement dit, dans mon cerveau en service réanimation, que le travail, quelqu’il soit, c’est comme l’amour. Une nouvelle histoire panse les déceptions. Et qu’à la manière d’un nouvel amant pas très stable, il vient de faire (re)battre mes doigts sur le clavier en oubliant le monde qui bouge autour de moi.

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Mais si tu sais, ma copine qui va se marier !

8 mai 2016

manueTout le monde a une copine qui va se marier. La première de toutes. C’est pas facile. Mais c’est quand même plus simple à retenir. « Tu te souviens du mariage de Géraldine ? Mais siii, c’était le 4ème de l’année 2016 ! » Ce week end, j’ai dit ça à Tata Jeanine, que la première de mes copines allait se marier. En Septembre même, tata ! Elle m’a dit t’en fait pas j’ai déjà prié pour qu’il fasse beau en Septembre. Si j’avais su que le catéchisme permettait de commander des choses chouettes,  j’aurais écouté un peu plus dans mon collège catho. J’aurai pu commander la dernière collection chaussure Printemps-Eté 2016 de chez Sézane…

A ma copine qui va se marier, je lui ai dit que je serai pas là en Septembre, pour chialer quand elle rentrera sur l’autel, ma copine qui va se marier. Mais que quand même, j’aimerai bien qu’elle me montre sa robe. Elle a dit non. J’ai bien compris parce que son futur époux était à la table. Du coup, j’ai essayé de deviner. « Dis ta créatrice ça commence par un L ? » Elle a répondu non c’est pas Laura de Sagazan. Alors j’ai dit ça commence par un « O ? » Elle à dit non c’est pas Orlane Herbin, j’ai donc compris qu’elle s’était bien renseignée sur le sujet et qu’elle avait tapé au moins 18000 fois « robe de mariée » dans le moteur de recherche de Pinterest. Après j’ai posé des questions un peu cons sur sa bague, son futur nom, sa pièce montée et tout ces trucs qui changeront de déterminants possessifs dans quelques mois…

J’avais bien envie de lui dire que ce sera le plus beau jour de sa vie, mais en réalité j’espère que ça ne le sera pas. Que les plus beaux jours viendront après.
Que ce sera le début des plus beaux jours de ma copine qui va s’marier.

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Je vous ai pas dit ? Je repars…

11 avril 2016

Je me souvimoiens d’avoir aimé quand on me disait « j’rentre pas ce soir, je te ramène un croissant demain matin ». Ça voulait clairement dire que j’allais pouvoir passer la soirée toute seule à danser en p’tite culotte et que demain j’aurais un croissant tout chaud. C’était clairement ça, ne me contredisez pas. Jusqu’à ce que je croise les petits pains au chocolat et quelqu’un pour danser avec moi en p’tite culotte.

J’ai jamais aimé l’amour, ces papillons qui gigotent dans le fond du ventre, ces joues rouges en pleine nuit et tout ces trucs un peu bancal auxquels je n’ai jamais rien compris. Que j’ai toujours un peu refusé. Un peu transformé en douleur, en besoin de liberté, en envie de solitude apprivoisée. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé, ou j’ai mis les pieds ni la tête ni le coquillage entre les jambes. Mais j’ai envie de partager. Pas avec vous.

Un dîner aux chandelles, un oignon qui fait pleurer, une maison, un débat politique, un compte en banque, une carte de bus, un bouquin, un chagrin, un bain, une paire de chaussette ou juste une chaussette, un secret, une main, un album photo, un ex, une bouteille de gin, un film français, un coucher de soleil, une dispute, un hiver enneigé, une retrouvaille sur l’oreiller, un été caniculaire, un ennui,
une grippe, un lit.

Avec le mec qui danse avec moi, en p’tite culotte, on part vivre à l’autre bout du monde.

 

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Démissionner à l’arrivée du printemps ne fait pas très bon ménage (de printemps)

28 mars 2016

canadaJ’ai jamais aimé les périodes de transitions. Que ce soit pour les saisons ou les moments de la vie. Démissionner à l’arrivée du printemps ne fait pas un très bon ménage (de printemps) sur mon ciboulot. Je me demande comment c’est dans la vie des gens en instance de divorce, mais je crois que je ne préfère pas savoir. Il y a quelques années si on m’avait demandé comment et ou je voyais ma vie aujourd’hui, (je crois même avoir répondu à cette question)  :

J’aurais épousé un Canadien à l’accent que mon père ne comprendrait pas, on vivrait dans une grande maison en bois près d’une forêt à proximité de Quebec, le samedi matin il irait chercher des bûches pour le feu, pendant que je ferais une tarte à la crème, à son retour, les chiens de traîneaux se mettront à aboyer en voyant leur maître approcher de la cabane. On passerait la « fin de semaine » près de la cheminée à boire des grogs parce que je me serais encore enrhumée en sortant sans écharpe enveloppée dans une chemise de bûcheron. Dieu de l’amour merci, ça n’est jamais arrivé. Et ma période de transition d’aujourd’hui n’a rien d’un divorce.