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Les histoires d’A. ne finissent pas toujours mal.

6 février 2016

CHEMISEIl y a quelques jours, j’ai revu mon ancien. Mon ancien. Mon premier. Je sais pas trop si j’en avais envie, ni lui d’ailleurs. Ça s’est fait un peu par hasard et je pensais qu’il serait en retard. Finalement comme beaucoup de choses le concernant, je me suis plantée. Je l’ai aperçu à dix mille lieux : sa démarche, ses cheveux, ses grosses chaussures qui traînent par terre. Dans nos premiers mots de retrouvailles, j’ai failli lui dire « tiens, t’as un nouveau manteau ? » mais je trouvais ça pas vraiment approprié. Alors je lui ai dit « ça fait longtemps que t’attends ? » On était d’accord sur l’endroit où on irait boire un verre, c’était là ou je l’avais battu pour la dernière fois au jeu du personnage. Je lui avais fait deviner le mec qui était derrière lui, mais pas de bol, le mec était parti avant la fin du jeu. Du coup j’ai évité de lui demander pour qu’on fasse une nouvelle partie, ça non plus c’était pas approprié. Pendant plus d’une heure on s’est racontés nos histoires de ces deux dernières années. Nos détours du monde, le singe de sa taille qui a voulu le manger, l’iguane qui a voulu m’amputer d’un bras, le tueur en série qui a voulu le sacrifier dans une maison au milieu de l’Australie, ma nuit sur un bateau avec un ascenseur qui coûtait le PIB du Bangladesh, les Indiens d’Inde et les Guadeloupéens de Guadeloupe. Au passage, je lui ai dit « merci pour le verre ». On s’est fait voyager.

Il m’a parlé de son Italienne, alors j’ai imaginé que ses cheveux devait sentir le basilic frais et le tiramisu. Qu’elle devait savoir manger des spaghettis avec une cuillère et qu’elle avait forcément du mal à prononcer son futur nom d’épouse.

Je lui ai dit que j’allais partir. Que j’allais  suivre le mien à l’autre bout du monde. Et j’avais presque envie de l’inviter, pour faire voyager son Italienne. Mais je ne savais pas si c’était approprié. Alors, j’ai rien dit. A la place, on s’est dit « au revoir », le serveur à fait une blague pas drôle et on a retrouvé nos chemins.

Sur la route du retour, j’ai pensé qu’il s’était peut-être imaginé que mon actuel sentait le kérosène et le monoi des caraïbes. Que je voulais élever des enfants au soleil pour qu’ils aient un joli teint couleur miel et qu’ils connaissent par cœur le nom des fleurs et des oiseaux rares.

J’ai couru un peu pour arriver jusqu’à chez moi, j’ai attrapé une chemise sale de mon mec. Je l’ai respiré jusqu’à ce que mon naseau ne sente plus rien. Et je me suis dit, comme beaucoup de choses ce soir là.
Putain, on a vraiment fait le bon choix il y a 2 ans, pas vrai ?

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