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Les lunettes du matin.

19 octobre 2014

J’ai retrouvé ce gris mélancolique qui gravite dans le ciel. Assez bas pour assommer et trop haut pour rêver d’ailleurs. J’ai trouvé un petit nid dans ce camaïeu de gris, avec de grandes fenêtres pour regarder la rue qui vit. Et qui s’endort. Ce matin, en passant par le parc, j’avais cette impression d’avoir une petite routine dans la poche. Déjà. Alors, j’ai enfilé mes lunettes de vue. Comme j’aurai enfilé une jupe d’automne. Pas pour faire comme cette nana qui, en soirée, porte des lunettes de vue, pour être certaine de ne pas rentrée seule. Vous savez, ce fantasme de la secrétaire. Qu’est ce que ça doit être embêtant d’être secrétaire. Et en plus de porter des lunettes de vue. Et en plus de devoir rentrer seule. Alors, comme je vous disais, j’ai enfilé mes lunettes pour voir “autrement”.

J’ai rien vu. Enfin, j’ai vu la route. J’ai vu qu’il fallait s’arrêter au feu rouge. Oh, j’ai failli ne pas le voir. Il y avait un petit oiseau qui marchait en même temps que moi. Ça m’a presque fait oublier que je n’étais pas un oiseau. Jusqu’à ce que j’entende le bruit de klaxon de la clio rouge. Je me sentais tellement loin, derrière ces vitres devant les yeux. J’avais l’impression de ne plus capter ces regards qui arrivent face à moi. Ces petits sourires en coin, que donnent les anonymes du matin. Alors avec agacement, j’ai retiré les lunettes. Puis, je me suis dit, que les médecins pour les yeux, vendent des lunettes aux secrétaires pour les aider à avoir un peu d’amour, sans savoir qu’ils les empêche de voir les jolies choses de la vie. 

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